Charles Edmond KAYSER

PEINTRE ET GRAVEUR
Né et mort à Paris (1882-1965)

Un peintre de l’École de Paris à redécouvrir

Edmond Kayser commence à dessiner très jeune, fréquentant les musées, s’imprégnant de l’esprit de grands peintres, tels que Cranach, Poussin, Corot, dont il copie volontiers les oeuvres. Dans les années 1900, il est élève d’Eugène Carrière. Kayser s’initie aussi à la gravure, notamment la technique de l’eau-forte qu’il pratique longtemps, avec un talent reconnu.

Il travaille quelques années en atelier avec ses amis peintres Léopold Lévy, Robert Linaret et le peintre et graveur Vergé-Sarrat. Très vite, ils exposent, ensemble ou séparément, chez Barbazanges puis chez Berthe Weill, découvreuse de jeunes talents.
«Ce qui frappe au premier abord, c’est la solidité naturelle de leurs toiles: à la base, on sent un dessin sensible et plein de force» écrit alors Claude Roger-Marx à leur sujet.

Mobilisé en 1915, il est tout d’abord infirmier-brancardier à l’arrière du front. Horrifié par ce qu’il voit, il en porte témoignage en dessinant, fait des portraits de blessés: il en tirera plus tard d’émouvantes gravures. Il est ensuite muté au service cartographie, où il retrouve quelques artistes, dont les capacités d’observation et le graphisme étaient alors très appréciés de l’armée.

Rigoureux, presque classique à ses débuts, Kayser était peintre, avec passion. Il se concentrait sur l’équilibre des formes, la couleur et la lumière; grand admirateur de Cézanne, il bannissait de son univers pictural l’anecdote, l’exotisme, les scènes de genre. Pour Kayser, le sujet n’avait d’importance qu’à travers l’émotion ressentie devant un paysage, une nature morte, un visage, dont il s’efforçait de décrypter le sens profond. Sa vision ample et équilibrée, dans les natures mortes notamment, prenait une dimension panoramique dans certains paysages.

Dans l’intense bouillonnement de la vie intellectuelle et artistique de l’entre-deux guerres, des amitiés se nouent, les rencontres, les échanges, les discussions se multiplient.
En 1928 Kayser épouse Mercedès Legrand, peintre et poète belge. Tous deux retrouvent fréquemment, à Montparnasse ou dans les petits ports du Midi, les peintres Dufresne, Céria, Othon Friesz, Dunoyer de Segonzac, Pascin, Derain, Daragnès ou Valentine Prax, et des sculpteurs comme ses amis Cornet, Despiau et Zadkine.

A cette époque, Kayser enseigne la peinture à l’Académie Scandinave jusqu’à la fermeture de celle-ci, en 1935. Cette Académie a formé avant la guerre de jeunes artistes venus de tous les coins du monde.

En 1938, Kayser est nommé conservateur du Musée Adrien Dubouché et Directeur de l’Ecole Nationale d’Art Décoratif de Limoges, dont il cherche à rénover l’esprit. Mais son travail est vite interrompu: démis de ses fonctions parce que juif, il quitte Limoges en 1941 avec sa famille et rejoint la Zone Sud à Avignon. Il regagne Paris en 1946, après le décès de Mercedès Legrand. Il continue à peindre et obtient en 1949 le Prix Eugène Carrière.

De nombreuses expositions, en France et à l’étranger, saluées par les critiques, ont jalonné l’ensemble de sa carrière.Bien qu’ouvert et toujours curieux des mouvements artistiques qui jaillissaient un peu partout, Kayser est demeuré farouchement indépendant, loin des effets de mode. Les dernières années de sa vie, ses recherches se firent plus abstraites, plus novatrices, s’exprimant souvent dans des paysages imaginaires, fantastiques et colorés.

Il n’a jamais cessé de peindre, jusqu’à sa mort devant son chevalet, un pinceau à la main, dans son atelier parisien de la rue Saint-André des Arts.

PUBLICATION

Illustration de “Jacques le Fataliste et son Maître”, de Denis Diderot
(50 gravures sur bois) – Editions René Kieffer, Paris – 1923.

DÉCORATIONS MURALES

Orphée  (Hôtel particulier de Mr Corbin à Nantes)
Orphée charmant les animaux ( projet pour le Palais de la Manufacture de Sèvres, Exposition de 1937)
La Terre Provençale inspiratrice des Lettres et des Arts (Commande de la Municipalité d’Avignon, 1945).

EXPOSITIONS

De 1907 à 1960 : nombreuses expositions, à Paris, en Province et à l’étranger ( voir annexe),  toutes saluées par les critiques d’art, dans la presse ou dans des publications spécialisées.
– Deux expositions posthumes, au Salon des Artistes Indépendants “L’or des Années folles” (1979) et à l’occasion du Cinquantenaire de l’exposition de l’Art indépendant (1987).

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ANNEXE – Liste des EXPOSITIONS

Expositions particulières

Paris

1909 :  Galerie Blot
1922, 1924, 1925, 1926 : Galerie Berthe Weill
1926 :  Galerie Druet
1927 :  Galerie Barbazanges
1932 :  Galerie Vildrac
1933 :  Galerie Jacquart
1936 :  Galerie Bernier
1937 :  Galerie Lucy Krogh
1945 :  Galerie d’Anjou
1960 :  Galerie Katia Granoff
Province

1940 :   Galerie Faure (Limoges)
1941 :   Galerie des Jacobins (Lyon)
1942 :   Galerie Jouvène (Marseille)
1945 :   Société Nouvelle des Indépendants (Avignon)

Participation à des Salons

Depuis 1907 : Salon des Indépendants
Depuis 1911 : Salon d’Automne
Peintres Graveurs Français
Depuis 1923 : Salon des Tuileries
Peintres Graveurs Indépendants
Depuis 1941 : Salon du Sud-Est
En 1942 : Salon du Sud-Ouest

Expositions d’ensemble

1911 :  “Dessins et Aquarelles”  Galerie Druet 1914 : Groupe des “Quelques” : Galerie Barbazanges
1919 :      “                 “               “               “
1923 : Aquarelles, Pastels et Dessins : Galerie Bernheim-Jeune
1925 :   La Jeune Peinture Française            :  Galerie Barbazanges
1925, 26, 27, 28, 29, 32, 1937 :  Groupes     :  Galerie Berthe Weill
1926 :   Portraits de Peintres       Galerie Bernier
1926 : Rétrospective des Indépendants :  Grand Palais
1926 et 1930 : La Jeune Peinture Moderne   :  Galerie Bernheim-Jeune 1930   :  Groupe du Nouvel Essor
1930 : Les Aquarellistes Français de Géricault à nos jours : Galerie G. Bernheim
1933 :  Trente ans de Gravure – Musée des Arts Décoratifs, Pavillon de Marsan
1937 :  Les maîtres de l’art indépendant : Petit Palais (7 oeuvres)
1937 :  Le Nouvel Essor
1944 :  “Paris” :  Galerie Charpentier
1945 :  L’Aquarelle :  Galerie Charpentier
1945 :  Paysages d’eau douce :  Galerie Charpentier
1945 :  Le Paysage Français :  Galerie Charpentier
1946 :  Art Français contemporain – Union des Arts Plastiques – Musée du Luxembourg

Expositions posthumes

1979 : Artistes Indépendants – L’Or des Années Folles : Grand Palais

1987 :  Cinquantenaire de l’exposition de 1937 “L’art indépendant”: MAM  ( Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris)

Expositions à l’étranger

1926 – Biennale de Venise 1928 – Exposition d’Art Français – La Haye
1931 – L’Ecole de Paris – Prague
1938 – Exposition d’Art Français – Berlin
1982 – Musée d’Art de Copenhague
et aussi Barcelone, Le Caire, New-York, San Francisco…

2 comments to Charles Edmond KAYSER

  1. [...] Sem (1863-1934) Marcel Gromaire (1992-1971) Paul César Helleu (1859-1927) Max Jacob (1876-1944) Charles Edmond Kayser (1882-1965) Moïse Kisling (1891-1954)  Frantisek Kupka (1871-1957)  Charles Lacoste (1870-1959) [...]

  2. Bonjour.

    Je vois que vous avez découvert ma publication sur Berthe Weill, vous y trouverez de quoi compléter vos informations sur les expositions du peintre Kayser à la Galerie B.Weill.
    Vous pouvez également visiter le site : http://www.bertheweill.fr sur lequel j’ai ajouté le lien de votre site dans la rubrique consacrée aux artistes.

    J’espère avoir l’occasion d’échanger avec vous.
    Bien cordialement.
    Marianne Le Morvan

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