Biographie

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Autoportrait au chapeau (1956)

Charles Edmond KAYSER, peintre et graveur (1882-1965)

Né à Paris en 1882, Edmond Kayser pratique le dessin dès ses plus jeunes années. Tout en poursuivant des études secondaires, il dessine en cours du soir dès l’âge de 14 ans. La fréquentation des musées commence alors et devient très vite un élément essentiel de sa vie. Il étudie les sculptures antiques, les primitifs italiens, et s’imprègne de l’esprit des grands peintres classiques, dont il copie parfois les oeuvres : Cranach, Chardin,  Poussin, Corot auquel la galeriste Berthe Weill le comparera. Mais il admire aussi profondément des peintres modernes comme Cézanne, Manet ou Bonnard.
Il est admis à l’École des Beaux-Arts de Paris puis rejoint l’Académie d’Eugène Carrière dont il suit l’enseignement dans les premières années 1900, tout en poursuivant avec passion ses visites au Louvre.

Kayser va travailler quelques années en atelier avec ses amis peintres, Léopold Lévy, Georges-Florentin Linaret et Henri Vergé-Sarrat. Sa première exposition personnelle réunit peintures, aquarelles et dessins à la Galerie Blot en 1909. Mais il exposera aussi avec ce petit groupe, salué par la critique, notamment chez Barbazanges et Berthe Weill.

            «  Ce qui frappe au premier abord, c’est la solidité naturelle de leurs toiles: à la
            base,on sent un dessin sensible et plein de force » commente alors Claude Roger-Marx.

Edmond Kayser pratique aussi la gravure, notamment l’eau-forte, technique à laquelle l’initie le graveur Charles Heyman. Très vite reconnu comme graveur, il participera à la fondation des Peintres-Graveurs indépendants en 1923. Dès 1920 et durant de nombreuses années il sera lié par contrat avec le marchand d’estampes Maurice Le Garrec . Il s’essaiera également à la gravure sur bois pour illustrer des ouvrages littéraires.

Mobilisé en 1915, infirmier-brancardier à l’arrière du front près de Verdun, il est horrifié par ce qu’il voit et témoigne en dessinant soldats, blessés et brancardiers. Il va participer au Salon des armées au Jeu de Paume en 1916. Il est ensuite muté dans un service de cartographie, où il retrouve des artistes dont les compétences graphiques sont appréciées par l’armée. Il retiendra de cette période une profonde horreur de la guerre.

Dans l’entre-deux-guerres, la vie intellectuelle et artistique reprend, intense et bouillonnante. À Montparnasse ou dans les petits ports du Midi, des amitiés se nouent. Edmond Kayser fréquente les peintres Céria, Daragnès, Derain, Dufresnes, Krémègne, Pascin, Valentine Prax, les sculpteurs Cornet, Despiau et Zadkine.

PH.Gpe Artistes vers 1920,Kays.centre verre à la main-sc0006e25b

Groupe d’artistes vers 1920 (Edmond Céria en haut à droite, Charles Despiau à droite, Edmond Kayser au centre un verre a la main, etc…)

De vives discussions sur l’art animent les rencontres. Kayser expose alors beaucoup, seul ou en groupe, en France ou à l’étranger. Ses expositions sont saluées par les critiques. En 1928 Edmond Kayser épouse à Sanary Mercédès Legrand, peintre, sculpteur et poète belge, amie intime de Valentine Prax.

Kayser enseigne alors à l’Académie scandinave, jusqu’à la fermeture de celle-ci en 1935. En 1938, Jean Zay le nomme conservateur du Musée Adrien Dubouché et Directeur de l’École Nationale d’Arts Décoratifs de Limoges. Mais la guerre le rattrape : il est démis de ses fonctions en 1941 par les lois antisémites de Vichy. Il quitte alors Limoges avec sa famille pour rejoindre la zone libre à Avignon, ville dont il aimait la lumière et où il continue à peindre. La vie est austère, difficile, mais il ne sera plus inquiété pour ses origines juives par les autorités de la ville. Il regagne Paris en 1946 après le décès de Mercédès Legrand.

Le Paris d’après guerre a changé. Edmond Kayser continue toujours à peindre, mais ses expositions se font plus rares. Il obtient le Prix Eugène Carrière en 1949. Il peindra jusqu’à sa mort en 1965, tombé devant son chevalet, un pinceau à la main, dans son atelier de la rue Saint-André-des Arts .

Plutôt classique à ses débuts, plus libre ensuite, Edmond Kayser était peintre avec passion. Rigoureux, exigeant, il concentrait son regard sur la lumière, sur l’équilibre des formes et des couleurs, bannissant de son univers l’anecdote, l’exotisme, la facilité. Il explorera à la fin de sa vie une forme d’abstraction poétique et fantastique.

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